Négocier avec le cédant d’entreprise
est une étape clé dans le parcours de la reprise d’entreprise.
Il s’agit en effet de négocier le
prix de cession mais aussi l’ensemble des conditions qui entourent la cession et
qui peuvent constituer des éléments essentiels dans l’accord final.
Le repreneur doit donc pouvoir
aborder la négociation de manière sereine.
Pour cela, il est nécessaire de
se préparer et aussi de savoir déjouer les conflits et/ou mésententes qui pourraient
survenir avec le cédant d’entreprise.
Une « bonne
négociation » doit aboutir à un protocole d’accord qui convient aussi bien
pour le repreneur que pour le cédant.
1. Se préparer à négocier
Afin de se préparer au mieux à
cette phase importante, il est nécessaire :
- de bien connaître son dossier :
étude des caractéristiques de l’entreprise dans le domaine technique,
commercial, social, juridique, comptable et financier. Il est également
important d’avoir au préalable analysé l’environnement et le marché ainsi que
le développement potentiel de l’entreprise cible.
Il est aussi
essentiel de déterminer ce qui est à vendre et ce qui ne l’est pas (
immobilier, cession de fonds, cession de parts, quid de la trésorerie…)
- de connaître quels vont être les acteurs qui
seront en présence lors de négociations : avocats, experts comptables,
conseils, intermédiaires… et également associés du cédant, membres internes
de l’entreprise, famille du chef d’entreprise pour une entreprise
familiale….
Il ne faut pas hésiter à
s’entourer de conseils de professionnels ( différents de ceux du cédant
d’entreprise ).
- Analyser
l’aspect psychologique :
Définir au
préalable quels sont ses propres objectifs en ciblant notamment ses attentes. La reprise
va-t-elle impliquer mon entourage ? Suis-je capable de prendre des
responsabilités ? Vais-je réussir à développer l’entreprise alors que je
ne suis pas du secteur ? L’investissement financier n’est il pas trop
important ?...
Une
implication trop affective peut aboutir à conclure un accord sur un coup de
tête.
Définir quels
sont les attentes du cédant : le cédant souhaite t’il réaliser un
capital ? Veut-il rester dans l’affaire ? Est-il sensible à la
pérennité de l’entreprise et à ses salariés ?
Est-il
pressé ? A-t-il d’autres propositions de reprises ?...
Il ne faut pas
oublier que la négociation est la rencontre, avant tout de deux personnes. Il
faut donc comprendre les motivations et les objectifs de chacun pour la mener à
bien.
- Lister les
éléments négociables de ceux qui a priori ne le sont pas. Quels
peuvent être les blocages durant la transaction et comment les
aborder ? Faire un retro planning des différents points à aborder.
La phase de
négociation peut être longue. La durée des négociations augmentent souvent les
risques d’échec d’un accord définitif si elle perdure trop longtemps.
2. La phase de négociation
La relation entre un acheteur et
un vendeur est généralement complexe. mais elle débute sur la négociation du
prix de la cession.
- Prix de
cession de l’entreprise : l’’entente sur la valorisation de
l’entreprise est déterminante pour la poursuite des négociations. Si la
différence est supérieure à 20 % entre le prix annoncé et le prix proposé,
il sera difficile de trouver un accord.
- Clause de
révision de prix (ou clause d’Earn-out): il est possible
d’insérer dans le protocole d’accord une clause de révision de prix (ou
complément de prix). Cette clause a pour but d’indexer le montant de la
cession en fonction de critères convenus par avance (résultat futur, chiffre d’affaires…)
Mais le prix de cession de
l’entreprise n’est pas le seul élément à négocier.
Il est important également
d’intégrer à la négociation les garanties de bilan
- La garantie d’actif
et de passif est souvent source de conflits éventuels mais est une
garantie courante. Vous devrez négocier avec le cédant sur quels éléments (fiscaux,
sociaux, environnementaux…) et à quel hauteur cette garantie s’étendra.
Cet engagement permet de faire supporter au cédant le passif
supplémentaire et/ou l’insuffisance d’actif, liés à des évènements
antérieurs à l’opération et qui pourraient apparaître après la cession. Le
contrat garantit la valeur des éléments
comptables qui ont permis de valoriser la société dans le processus
de négociation. La durée de la garantie est souvent comprise entre trois
et cinq années. L’engagement prévoit notamment les modalités
d’indemnisation en cas de préjudice.
La garantie de la garantie : afin
de s’assurer de l’indemnisation par le cédant dans le cadre de la mise en œuvre
de la garantie de passif, l’acquéreur pourra demander une contre garantie de la
part d’une banque.
Des clauses de
garantie mal rédigées peuvent avoir des conséquences lourdes pour l’avenir de
l’entreprise. Il est important de s’entourer d’un juriste ou d’un avocat.
- Clauses de
non concurrence : cette clause est souvent négociée par
l’acquéreur contre une reprise d’une activité similaire du cédant. Elle
doit fixer un périmètre géographique ainsi qu’un délai dans lesquels il ne
pourra exercer son métier.
Elle doit être
suffisamment précise pour être opposable.
Avenir du
chef d’entreprise : cConcernant le
maintien ou non du cédant dans l’entreprise, il est important d’indiquer dans
le protocole d’accord quel va être ou non l’accompagnement du cédant d’entreprise
lors de la reprise. Sous quelle forme juridique va-t-il être fait? Un
contrat de travail, une convention de tutorat… A titre gratuit, à titre
onéreux ? Durant combien de
temps ?
- Autres points
à négocier : déterminer les remboursements des comptes courants,
négocier les reprises de caution éventuelle, déterminer les modalités de
paiement du prix (un crédit vendeur peut être envisagé, le cédant accepte
qu’une partie du prix soit réglé lors d’un versement ultérieur. Ce crédit
n’est pas toujours facile à négocier), dates et délais de la cession de
l’entreprise, conditions suspensives d’obtention du prêt par l’acquéreur (montant,
taux et organismes financiers doivent être précisées).
3. Le protocole d’accord
Une fois la négociation aboutie,
un accord peut être signé.
Le protocole d’accord formalise
ainsi les termes et les conditions de la réalisation de la cession. Il doit reprendre l’ensemble des éléments et des
garanties de la négociation et comporter en annexe les documents ayant servi à
la négociation et généralement la garantie de passif et d’actif sous acte
séparé.
Il est vivement conseillé de
faire appel à un juriste ou à un avocat pour la rédaction de ce dernier.
Informations complémentaires : http://www.apce.com
Quelques conseils pour bien
négocier :
- Garder l’initiative des débats et conserver en mémoire
votre rétro planning.
- Négocier avec le décideur – propriétaire du fonds ou des
titres (ainsi que ces associés) : préférez le face à face aux discussions
téléphoniques ou par mail.
- Etre patient et conserver une certaine confidentialité
et discrétion
- Se faire entourer de ses conseillers spécialisés.
- Sortir des situations de blocage : rien n’est figé
dans une négociation – si un blocage survient sur une exigence abusive, il vous
appartient de réinstaurer un rapport de confiance avec le dirigeant en
privilégiant notamment l’aspect humain et notamment mobiliser une vision
commune de l’entreprise. Ayez une écoute attentive et n’hésitez pas à traduire
vos émotions pour renouer avec la confiance du cédant !
Conclusion :
La négociation demande de la
discrétion et de la rigueur. Il ne faut surtout pas oublier qu’une négociation
peut échouer à tout moment avant la signature définitive du protocole d’accord.
Chacune des parties doit accepter
de faire des compromis sans pour autant se sentir lésé en finalité.
Elle doit permettre au final d’aboutir
à un accord préalable à la cession définitive de l’entreprise.